Une page manquante dans les pages manquantes/ A missing page in the missing pages

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Attar de Nishapur, poète mystique persan (vers 1142 – vers 1229)  a dit : « Mon discours est sans paroles, sans langue et sans bruit. Comprends-le sans esprit et entends-le sans oreille. »

J’avais fait un commentaire de cette citation qui malheureusement s’était retrouvé dans les pages manquantes de mon blog.

J’avais retrouvé par hasard les pages manquantes, mais je m’aperçus qu’il y avait une page manquante dans les pages manquantes, celle où se trouvait mon commentaire.

Finalement ce manque était en harmonie avec la citation d’Attar. 

Pour me consoler, je vais bientôt commenter une phrase d’Audrey Horne dans « Twin Peaks » (saison 3) : « Je ne sais pas qui je suis, mais je ne suis pas moi. »

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Attar of Nishapur, a Persian mystic poet (circa 1142 – circa 1229) said: « My speech is without words, without language and without noise, understand it without spirit and hear it without ear. »

I made a comment of this quote which unfortunately was found in the missing pages of my blog.

I found the missing pages, but I noticed that there was a missing page in the missing pages, where my comment was.

Finally this lack was in harmony with the quote of Attar.

To console me, I will soon comment on a sentence of Audrey Horne in « Twin Peaks » : « I do not know who I am, but I am not me. »

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Soffite, modillon, ove. / Soffit, modillion, egg.

Voici la description en termes architecturaux d’une partie du décor intérieur du Dôme du Rocher à Jérusalem :

« Le soffite fait alterner des pseudos-modillons avec des feuilles d’acanthe.

Chapelet à olives et pirouettes.

Frises de feuilles d’acanthe.

Frises d’oves et de fers de lance. »

On ne s’en lasse pas !

Le Dôme du Rocher a été construit sous les Omeyyades (690-692). Les décors d’origines encore visibles, s’inspirent largement de l’art de l’antiquité romaine tardive.

(Source : Le Louvre).

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Here is the description in architectural terms of part of the interior decoration of the Dome of the Rock in Jerusalem:

« The soffit alternates pseudo-modillions with acanthus leaves.

Rosary with olives and pirouettes.

Friezes of acanthus leaves.

Friezes of eggs and spearheads. »

We never tire !

The Dome of the Rock was built under the Umayyads (690-692). The sets of origins still visible, are largely inspired by the art of late Roman antiquity.

 

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Buvons bien, buvons mes amis / Trinquons, buvons, vidons nos verres. / Let’s drink, drink my friends / Let’s drink, drink our glasses.

Nicolas Normand, menuisier de son état, mourut à 12 novembre 1675 à l’abbaye de Port-Royal, refuge des jansénistes.

Les jansénistes, bien que catholiques, s’en tiennent strictement à la doctrine de saint Augustin sur la grâce.

Nicolas Normand s’était retiré auprès des Solitaires. Les Solitaires était des hommes hommes pieux désireux de vivre leur convictions jansénistes dans l’isolement.

La mère Angélique évoque parle de Nicolas Normand dans lettre à M. de Saint-Gilles en 1655 :

« Pour ce qui est du menuisier, je suis très fâchée qu’il soit devenu malade faute de vin. Il est certain que le cidre fait souvent mal à ceux qui n’y sont pas accoutumés et ce garçon étant tel qu’il est, et surtout et surtout si modeste qu’il ne se plaint point, je lui donnerais non seulement du vin, mais de l’hypocras s’il lui était nécessaire. Je vous supplie donc qu’on lui en donne et tout ce qu’il faudra pour sa guérison. »

Madame de Sévigné pensait que Port Royal : « est un désert où toute la dévotion du christianisme s’est rangée ; c’est une sainteté répandue dans tout le pays à une lieue à la ronde ; il y a cinq ou six solitaires qu’on ne connaît point, qui vivent comme les pénitents de Saint-Jean-Climaque. »

Sans vin ?

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Nicolas Normand, carpenter of his condition, died November 12, 1675 at the abbey of Port-Royal, refuge of the Jansenists.

The Jansenists, although Catholic, strictly adhere to St. Augustine’s doctrine of grace.

Nicolas Normand had retired near Solitaires. The Solitaries were pious men, eager to live their Jansenist convictions in isolation.

The mother Angelique evokes speaks of Nicolas Normand in letter to M. de Saint-Gilles in 1655:

« As far as the carpenter is concerned, I am very sorry that he has become ill because of lack of wine. It is certain that cider often hurts those who are not accustomed to it, and this boy being as he is, and especially and especially so modest that he does not complain, I would not only give him wine, but hypocras if it were necessary to him. I beg you, therefore, that we give him some and all that will be necessary for his cure. « 

Madame de Sevigne thought that Port Royal: « is a desert where all the devotion of Christianity has taken place; it is a sanctity spread throughout the country a league round; there are five or six solitaries we do not know, who live like the penitents of St. John Climacus. « 

Without wine?

Tremblements

Le peintre Coréen Kim Chonghui 1786-1856 est connu – entre autres peintures – pour son fameux paysage d’hiver, “Wandang Sehando” (阮堂歲寒圖), (1844).

Il peignit ce paysage pendant un exil à l’Ile de Cheju.

La peinture ci-dessous montre une maison toute simple avec deux pins. 

Le lecteur me dira que cette peinture est une peinture de débutant, drôlement maladroite.

Eh bien, pas du tout, c’est une fausse maladresse : les traits sont volontairement tremblés en rapport avec des recherches calligraphiques. 

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The Korean painter Kim Chonghui 1786-1856 is known – among other paintings – for his famous winter landscape, « Wandang Sehando » (阮 堂 歲寒 圖), (1844).

He painted this landscape during an exile on Jeju Island.

The painting below shows a simple house with two pines.

The reader will tell me that this painting is a beginner painting, awkwardly awkward.

Well, not at all, it is a false clumsiness: the features are deliberately shaken in relation to calligraphic research.

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Peinture sans os / boneless painting

Yun Shouping (1633-1690) était un des grands artistes japonais de son temps, sous la dynastie Qing (1644 à 1912), spécialisé dans les fleurs, les bambous, et les animaux.

Il est connu pour son style appelé « sans os » (meigu), sans traits de contours et au lavis.

(Yun Shouping (1633-1690) was one of the great Japanese artists of his time, during the Qing Dynasty (1644-1912), specializing in flowers, bamboos, and animals.

He is known for his style called « boneless » (meigu), without outlines and wash.)

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Mori Sosen (1747-1821), peintre animalier spécialisé dans les singes, utilisait aussi la technique de la peinture sans os. Admirons l’extraordinaire rendu du pelage.

(Mori Sosen (1747-1821), an animal painter specialized in monkeys, also used the technique of boneless painting. Let’s admire the extraordinary rendering of the coat)

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(Source : Le Louvre/Cernuschi)

 

 

 

Techniques picturales et protection contre les démons / Pictorial techniques and protection against demons

Techniques

Il existait dans la peinture chinoise traditionnelle deux techniques particulières.

Battre la foudre

Il fallait humidifier le papier puis jeter de la poudre de peinture pour produire un certain effet.

Battre l’eau

Après avoir étalé de la peinture sur le papier, il fallait laisser tomber des gouttes d’eau, pour produire aussi un certain effet.

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Gu Heqing (1766 – ?)

 

Protection contre les démons et les maladies

Le peintre Ren Bonian (1840-1895) de l’école de Shangaï peignait pour les riches marchands qui se piquaient de littérature et de peinture.

Cette peinture de 1883 représente Zhong Kui, exorciste légendaire (admirons sa mine patibulaire), dont la propriété était de tuer les démons et de protéger des maladies. 

(Sources : Le Louvre/Cernuschi)

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Techniques

There were two particular techniques in traditional Chinese painting.

Beat the lightning

It was necessary to moisten the paper and then to throw some powder of paint to produce a certain effect.

Beat the water

After spreading paint on the paper, drops of water had to be dropped to produce a certain effect.

 

Protection against demons and diseases

The painter Ren Bonian (1840-1895) of the Shanghai School painted for rich merchants who prided themselves on literature and painting.

This painting from 1883 depicts Zhong Kui, a legendary exorcist (admire his sinister look), whose property was to kill demons and protect against disease.

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Li Tieguai l’immortel / Li Tieguai the immortal

Li Tieguai fut un ascète qui reçut un enseignement de Lao-Tseu en personne, père du taoïsme, spécialement descendu du ciel pour l’occasion.

Li Tieguai devint immortel. Il décida de se rendre sur une montagne sacrée en quittant son enveloppe charnelle.

Il demanda à son disciple de veiller sur son enveloppe charnelle pendant sept jours. S’il ne revenait pas, le disciple avait l’autorisation de brûler le corps.

Comme la mère du disciple tomba malade le sixième jour, celui-ci décida de bruler le corps de Li Tieguai avec un jour d’avance. C’était plus pratique.

Lorsque Li Tieguai revint et voulut réoccuper son corps, il ne trouva qu’un tas de cendres. Fâcheux !

Il décida de s’installer dans le corps d’un mendiant difforme et boiteux qui venait juste de mourir.

Il était impatient de trouver un autre corps, mais Lao-Tseu – de quoi je me mêle – lui intima de rester dans le corps du mendiant et lui offrit une béquille. D’ou le surnom « Li à la béquille de fer ».

(Sources : Le Louvre/Cernuschi)

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Li Tieguai was an ascetic who received a teaching from Lao-tzu himself, father of Taoism, specially descended from heaven for the occasion.

Li Tieguai became immortal. He decided to go to a sacred mountain leaving his carnal envelope.

He asked his disciple to watch over his carnal envelope for seven days. If he did not come back the disciple was allowed to burn the body.

As the disciple’s mother fell ill on the sixth day, he decided to burn Li Tieguai’s body a day early. It was more practical.

When Li Tieguai came back and wanted to reoccupy his body, he found only a heap of ashes. Sorry!

He decided to settle in the body of a deformed and lame beggar who had just died.

He was anxious to find another body, but Lao-Tzu – which I interfered with – told him to stay in the beggar’s body and offered him a crutch. Hence the nickname « Li on the iron crutch ».

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Su Rensham (1814-1849) : « Li Tieguai » (en mendiant).