Entraînement / Training

En 1934, le Colonel Harold Doud de l’armée américaine fut détaché auprès de l’armée japonaise.

Il a constaté lors de manoeuvres, que les soldats japonais restaient trois jours et deux nuits sans dormir.

Après un bivouac sans repos, tous les soldats furent envoyés en patrouille ou jusqu’à des avant-postes. 

Il s’étonna auprès du Capitaine Teshima. Celui-ci répondit que le but était de grader tout le monde occupé.

« Mais pourquoi ne pas en laisser certains dormir ? »

« Oh non, ils savent déjà comment dormir. Maintenant il faut les entraîner à rester éveillés. »

(Sources : « What future for Japan ? US Wartime planning for the postwar area 1942-1945, » de Rudolph V. A. Janssens, 1995. « Le Chrysanthème et le Sabre », de Ruth Benedict. 1987).

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Samourai par Utagawa Kuniyoshi (1798-1861)

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In 1934, Colonel Harold Doud of the US Army was seconded to the Japanese Army.

He noted during maneuvers, that the Japanese soldiers stayed three days and two nights without sleeping.

After a bivouac without rest, all the soldiers were sent on patrol or to outposts.

He was surprised by Captain Teshima. He replied that the goal was to get everyone busy.

« But why not let some sleep? »

« Oh no, they already know how to sleep, now they have to train to stay awake. »

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Autoportrait / Selfportrait

Au début de la Renaissance en Italie, l’art de la peinture s’est libéré des contraintes formelles de la peinture du Moyen-Âge.

L’artiste est devenu important et reconnu comme tel.

C’est aussi le moment où les artistes commencent à glisser discrètement leur autoportrait   parmi leurs oeuvres.

Boticelli se montre en pieds, à droite, dans l’Adoration des Mages qu’il peignit vers 1475.

Edouard Pommier, historien d’art, dit de lui qu’il « se dresse dans une orgueilleuse sûreté de soi, sa haute silhouette somptueusement vêtue, et regarde dans le vide d’un air presque insolent. »

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Détail de l’autoportrait / Detail of self portrait:

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Autres autoportraits :

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Masaccio (1401-1428) a peint Saint Pierre sur son trône vers 1425-1427. L’autoportrait de Masaccio est à l’extrémité droite du tableau.

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Détail de Saint Pierre sur son trône : autoportrait de Masaccio (celui qui nous regarde), en compagnie de Masolino da Panicale, Leon Battista Alberti et Filippo Brunelleschi.

 

Certains autoportraits sont inattendus : Antonio Averlino dit Filarete se montre sur la porte centrale de Saint Pierre de Rome, en farandole avec les membres de son atelier, avec, dans la main, un compas, attribut des architectes. (Porte exécutée vers 1433-1445).

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Source principale de cet article : Edouard Pommier, « Comment l’art devient l’Art dans l’Italie de la Renaissance », Gallimard, 2007.

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At the beginning of the Renaissance in Italy, the art of painting freed itself from the formal constraints of medieval painting.

The artist has become important and recognized as such.

It is also the moment when artists begin to slip their self-portraits discreetly among their works.

Boticelli shows himself in feet, on the right, in the Adoration of the Magi, which he painted around 1475.

Edouard Pommier, art historian, says of him that he « stands in a proud self-safety, his tall figure sumptuously dressed, and looks in the emptiness with an air almost insolent. »

Detail of self portrait / Detail of self portrait:

Other self-portraits:

Masaccio (1401-1428) painted Saint Peter on his throne around 1425-1427. Masaccio’s self-portrait is at the far right of the painting.

Detail of Saint Peter on his throne: self-portrait of Masaccio (the one who looks at us), with Masolino da Panicale, Leon Battista Alberti and Filippo Brunelleschi.

Some self-portraits are unexpected: Antonio Averlino says Filarete shows himself on the central door of Saint Peter of Rome, in farandole with the members of his workshop, with, in the hand, a compass, attribute of the architects. (Gate executed around 1433-1445).

Main source of this article: Edouard Pommier, « How Art Becomes Art in Renaissance Italy », Gallimard, 2007.

Amputation sans anesthésie / Amputation without anesthesia

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Ceci un rétracteur à amputation de l’époque Napoléonienne.

« Les blessés sont amputés sans anesthésie à l’aide de couteaux qui tranchent les chairs.

Le rétracteur à amputation est ensuite refermé sur le membre blessé.

A l’aide des poignées le chirurgien exerce une pression sur le membre afin de dégager les chairs et de mettre à nu les os qui sont ensuite coupés à la scie.

Les chairs sont recousues ou cautérisées au fer rouge. »

Notice explicative du Musée des Armées.

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Coffret d’instruments d’amputation de la Grande Armée de Napoléon. / Amputation instrument box of the Grand Army of Napoleon.

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This is an amputation retractor (Napoleon army).

« The wounded are amputated without anesthesia using knives that slice the flesh.

The amputation retractor is then closed on the injured limb.

With the help of the handles, the surgeon exerts pressure on the limb in order to clear the flesh and expose the bones which are then cut with a saw.

The flesh is stitched up or cauterized with a hot iron. « 

Explanatory note of the Army Museum.

Waterloo

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C’est la cuirasse du carabinier Fauveau.

Le jeune homme avait été enrôlé le 5 mai 1815, dans l’armée de Napoléon.

Il est mort malencontreusement lors de la bataille de Warterloo (le 18 juin 1815), un boulet ayant percé sa cuirasse.

(Cuirasse exposée au Musée de l’Armée aux Invalides.)

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It is the cuirass of the Rifleman Fauveau.

The young man had been enlisted on May 5, 1815, in the army of Napoleon.

He died untimely during the Battle of Warterloo (June 18, 1815), a cannonball having pierced his cuirass.

(Cuirass exposed at the Army Museum in Invalides.)

Peace and love / Paix et amour

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(Coupe à boire, 530 av. notre ère, Pharsalos, Grèce).

Il parla ainsi, et, frappant de sa lance Peisandros à la poitrine, il le renversa dans la poussière, et, comme Hippolokhos sautait, il le tua à terre ; et, lui coupant les bras et le cou, il le fit rouler comme un tronc mort à travers la foule. Et il les abandonna pour se ruer sur les phalanges en désordre, suivi des Akhaiens aux belles knèmides. Et les piétons tuaient les piétons qui fuyaient, et les cavaliers tuaient les cavaliers. Et, sous leurs pieds, et sous les pieds sonores des chevaux, une grande poussière montait de la plaine dans l’air. Et le roi Agamemnôn allait, tuant toujours et excitant les Argiens.

Iliade XI, 193.

Il parla ainsi, triomphant, et le brouillard couvrit les yeux de Iphitiôn, que les chars des Akhaiens déchirèrent de leurs roues aux premiers rangs. Et, après lui, Akhilleus tua Dèmoléôn, brave fils d’Antènôr. Et il lui rompit la tempe à travers le casque d’airain, et le casque d’airain n’arrêta point le coup, et la pointe irrésistible brisa l’os en écrasant toute la cervelle. Et c’est ainsi qu’Akhilleus tua Dèmoléôn qui se ruait sur lui.

Et comme Hippodamas, sautant de son char, fuyait, Akhilleus le perça dans le dos d’un coup de lance. Et le Troien rendit l’âme en mugissant comme un taureau que des jeunes hommes entraînent à l’autel du dieu de Hélikè, de Poseidaôn qui se réjouit du sacrifice. Et c’est ainsi qu’il mugissait et que son âme abandonna ses ossements.

Iliade, XX, 395-406

(Traduction par Leconte de Lisle.)

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As he spoke he felled Pisander from his chariot to the earth, smiting him on the chest with his spear, so that he lay face uppermost upon the ground. Hippolochus fled, but him too did Agamemnon smite; he cut off his hands and his head- which he sent rolling in among the crowd as though it were a ball. There he let them both lie, and wherever the ranks were thickest thither he flew, while the other Achaeans followed. Foot soldiers drove the foot soldiers of the foe in rout before them, and slew them; horsemen did the like by horsemen, and the thundering tramp of the horses raised a cloud of dust frim off the plain. King Agamemnon followed after, ever slaying them and cheering on the Achaeans.

Iliade XI, 193.

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Thus did he vaunt, but darkness closed the eyes of the other. The chariots of the Achaeans cut him up as their wheels passed over him in the front of the battle, and after him Achilles killed Demoleon, a valiant man of war and son to Antenor. He struck him on the temple through his bronze-cheeked helmet. The helmet did not stay the spear, but it went right on, crushing the bone so that the brain inside was shed in all directions, and his lust of fighting was ended. Then he struck Hippodamas in the midriff as he was springing down from his chariot in front of him, and trying to escape. He breathed his last, bellowing like a bull bellows when young men are dragging him to offer him in sacrifice to the King of Helice, and the heart of the earth-shaker is glad; even so did he bellow as he lay dying.

Iliade, XX, 395-406

(Translated by Samuel Butler)

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Âme congelée / Frozen soul

La revue Science & Avenir s’interrogeait récemment sur  l’utilité réelle de la cryogénisation. Je me souvenais que les cellules cryogénisées éclatent, et que les sociétés de cryogénisation espéraient que la médecine saurait réparer chaque cellule lors du « réveil ».

Mes informations étaient anciennes car, depuis, les sociétés de cryogénisation remplacent l’eau et le sang dans le corps, par un antigel. A  la place du défunt cryogénisé, j’aurais quelques inquiétudes. Et puis je me suis souvenu qu’un défunt est délivré, de par son décès, de toute anxiété.

Une personne qui avait lu l’article, avait des doutes : « L’esprit, l’âme, le moi, tout cela ne se congèle pas. »

Personnellement je connais quelques personnes qui ont l’âme congelée, mais ils ne sont ni morts, ni cryogénisés.

Quant à l’esprit, s’il est une émanation de l’activité du cerveau comme peuvent le laisser penser les blessures ou les maladies qui affectent son bon fonctionnement, il est congelable, à défaut de pouvoir actuellement être « ressuscité ».

Pour le « moi », d’après les bouddhistes, c’est une illusion, et on ne congèle pas une illusion.

A défaut de pouvoir congeler l’âme je pensais à l’architecte Tadao Ando qui tente de régler le problème de son âme : « Pour moi, l’architecture c’est dessiner un endroit où mette son âme. C’est difficile de vivre avec une âme. »

 

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Oeuvre de Tadao Ando

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The journal Science & Avenir recently wondered about the real utility of cryogenisation. I remembered cryogenic cells bursting, and the cryogen companies were hoping that medicine would repair every cell when it « woke up ».

My information was old because, since then, cryogenics have been replacing water and blood in the body with antifreeze. In the place of the deceased cryogen, I would have had some concerns. And then I remembered that a deceased is delivered, by his death, from any anxiety.

A person who had read the article, had doubts: « The mind, the soul, the ego, all this does not freeze. »

Personally, I know some people who have a frozen soul, but they are neither dead nor cryogenized.

Regarding the mind, if it is an emanation of the activity of the brain as the wounds or the diseases which affect its good functioning can suggest it, it is freezable, if it can not currently be « resurrected ».

For the « ego », according to the Buddhists, it is an illusion, and one does not freeze an illusion.

Failing to freeze the soul I thought about the architect Tadao Ando who was trying to solve the problem of his soul: « For me, architecture is drawing a place where to put your soul.It is difficult to live with a soul. « 

Delacroix et les zombies / Delacroix and the zombies

Le règlement du Louvre relatif aux visiteurs leur interdit de regarder les oeuvres avec une loupe et de déambuler dans le musée en costume de bain.

Pour regarder l’exposition sur Delacroix (1798-1863), j’avais donc laissé ma loupe chez moi et m’étais habillé d’une chemise et d’un pantalon (sans oublier les chaussures).

Et là, surprise, le premier tableau que je regardais était un tableau de belles dimensions : « Dante et Virgile aux enfers » (1822), où figurent des damnés qui s’entre-dévorent.

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Voilà la peinture qui est certainement à l’origine du premier film de zombies : « White Zombie » de Victor Halperin, cent ans plus tard en 1932. En 1968, avec « La Nuit des morts-vivants », George Andrew Romero donnera au genre ses lettres de noblesses.

Je pense – avec modestie – que ma découverte va impressionner les spécialistes de l’histoire de l’art (en peinture et cinéma). 

Delacroix était un habitué des scènes d’horreur avec « La Mort de Sardanapale » (1827). C’est un tableau de très grande taille (environ 5m x 4m) qui fit scandale et fut rejeté par la critique, sauf Victor Hugo, et tomba dans l’oubli (il fut racheté par Le Louvre en 1921).

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Quand à la La Liberté guidant le peuple (1830), montrant un bon nombre de cadavres dans l’ordure, ce tableau fut à nouveau mal reçu par la critique. « Vraiment, M. Delacroix a peint notre belle révolution avec de la boue. » (Journal des artistes,

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Une belle exposition à voir jusqu’au 23 Juillet 2018.

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The visitors’s rules in Le Louvre forbid them to look at the works with a magnifying glass and to walk around the museum wearing bathing suits.

To watch the exhibition on Delacroix (1798-1863), I left my magnifying glass at home and was dressed with shirt and pants (not to mention the shoes).

And there, surprise, the first picture I was looking at was : « Dante and Virgil in Hell » (1822), where there are damned who devour each other.

Here is the painting that is certainly the origin of the first zombie movie: « White Zombie » of Victor Halperin, a hundred years later in 1932. In 1968, with « Night of the Living Dead », George Andrew Romero will give the genre its importance.

I think – with modesty – that my discovery will impress specialists in art history (painting and cinema).

Delacroix was a regular in horror scenes with « The Death of Sardanapalus » (1827). It is a very large painting (about 5m x 4m) that caused scandal and was rejected by critics, except Victor Hugo, and fell into oblivion (it was bought by the Louvre in 1921).

« Liberty Leading the People » (1830), showing a good number of corpses in the junk, this picture was once again badly received by the critics. « Really, Mr. Delacroix painted our beautiful revolution with mud. » (Journal of Artists, May 8, 1831).