Les copistes à l’oeuvre / The copyists at work

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Les copistes à l’oeuvre au musée Napoléon III. Le Journal amusant, 2 aout 1862. /

The copyists at work at the Napoleon III museum. Le Journal amusant, August 2, 1862.

(Source : Exposition Campana au Louvre.)

 

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La mort héroïque des martyrs / The heroic death of martyrs

0023ae6cf369151b4d4423Le peintre Feng Fasi (1914-2009) est surtout connu pour sa peinture sur la mort héroïque de Liu Hulan.

Liu Huan (1932-1947) espionnait pour le compte du Parti Communiste chinois pendant la guerre avec le Kuomingtan. Elle s’occupait aussi d’intendance.

Le 1er janvier 1947, l’armée du Kuomingtan sous les ordres de Yan Xishan envahit son village. Les membres du parti communiste soupçonnés d’avoir tué le chef du village de Yunzhouxi – partisan du Kuomingtan – sont décapités.

Yan Xishan demande à Liu Hulan de renoncer publiquement à son allégeance au parti communiste.

Elle refuse et, à 14 ans, est décapitée.

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The painter Feng Fasi (1914-2009) is best known for his painting on the heroic death of Liu Hulan.

Liu Huan (1932-1947) spied for the Chinese Communist Party during the war with the Kuomingtan. She was also responsible for stewardship.

On January 1, 1947, the Kuomingtan Army under Yan Xishan invaded his village. Communist Party members suspected of killing Yunzhouxi village chief – partisan of the Kuomingtan – are beheaded.

Yan Xishan asks Liu Hulan to publicly renounce his allegiance to the Communist Party.

She refuses and, at 14, is beheaded.

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Cette image avec la statue héroïque de Liu Huan (1954), de l’illustrateur Qian Daxin, servait aussi à éduquer le peuple. / This image with the heroic statue of Liu Huan (1954), illustrator Qian Daxin, also served to educate the people.

La Chine maoïste avait ses martyrs, dont la représentation académique est très proche des représentation de martyrs romains au XIXe. / Maoist China had its martyrs, whose academic representation is very close to the representations of Roman martyrs in the nineteenth century.

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« Martyrs chrétiens entrant dans l’amphithéâtre » (1855), par Bénouville Léon François (1821-1859). / « Christian Martyrs Entering the Amphitheater » (1855), by Bénouville Léon François (1821-1859).

 

 

 

 

 

La Bonne Peinture / Ideologically Correct Painting

La propagande maoïste passait par les images et notamment les peintures « officielles » (en fait, il n’y avait pas de peintures pour une clientèle privée). 

On envoyait les peintres aux champs pour que les paysans leur disent ce qu’était la « bonne peinture. » *

Paradoxalement les villageois devaient se réunir régulièrement devant des peintures, pour que la « bonne peinture » éduque le peuple.

Plus tard les peintures seront remplacées par des diapos de ces peintures, plus aisées à transporter.

Dans certaines régions agricoles de la Chine actuelle, on trouve encore des reproductions des images des années 1970 (ou avant).

* Les peintres en profitaient pour augmenter leurs modèles de portraits, ou autres.

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The Maoist propaganda went through the images and especially the « official » paintings (in fact, there were no paintings for a private clientele).

The painters were sent to the fields for the peasants to tell them what « ideologically correct painting » was. *

Paradoxically, the villagers had to meet regularly in front of paintings, so that the « ideologically correct painting » educates the people.

Later paintings will be replaced by slides of these paintings, easier to transport.

In some agricultural areas of present-day China, there are still reproductions of images from the 1970s (or earlier).

* Painters took advantage of it to increase their models of portraits, or others.

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(Source : Le Louvre).

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Dong Xiwen : Cérémonie de la fondation de la Nouvelle Chine (1953).

Ce genre de peinture reprend les règles de la peinture académique occidentale.

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Tang Xiaohe, “Advanced in Fierce Wind and Huge Waves” (Avancée dans les Vents Violents et les Vagues Enormes). 1971.

Ouh, Houx ! Ooh !

Voix : « Je compte jusqu’à trois ! Cathie, viens ici, ou ça va aller mal ! »

Mesdames et messieurs, merci d’être ici ce soir pour cette conférence sur le houx.

Voix : « C’est bien une conférence sur le Où ? pour savoir où nous sommes ? »

Non Madame, c’est une conférence sur le houx, arbrisseau au feuillage toujours vert.

Voix : « Ah, c’est dommage parce je ne sais jamais où je suis, ni où j’en suis d’ailleurs.

Madame, ce n’est pas une conférence philosophique. Je poursuis : Les houx portent de petites fleurs blanche, mais seules les houx femelles ont des fruits rouges (ou parfois blancs ou jaunâtres), en hiver

Voix : « Moi j’aime bien le Maté. »

J’y arrive : en effet, avec les feuilles de houx torréfiées, on fait du Maté, une sorte de thé du Paraguay. Je poursuis : les druides considéraient que le houx portait bonheur et les romains en ornaient leurs maisons pour éloigner les mauvais esprits.

Voix : « Et où allaient les mauvais esprits ? chez d’autres gens ? ce n’est pas très rassurant. »

Après les romains, les chrétiens considèrent aussi que le houx porte bonheur, à Noël et au moments des voeux du Nouvel An

Voix : « Moi, quand j’ai embrassé quelqu’un sous le houx au passage du jour de l’an, on s’est fâché le jour d’après. C’est des histoires tout ça. »

Je n’affirme pas que le houx porte bonheur, je vous rapporte des points d’Histoire. Et ce ne sont pas des histoires. Je poursuis : Hollywood, La Houssaie, La Houssoye, Houville sont des noms en rapport avec le Houx.

Un houssoir était un balai de feuilles de houx pour secouer les tapis, et le houx attaché à la corde où étaient suspendues les viandes salées, protégeait celles-ci des rongeurs. 

Voilà, messieurs et mesdames, ma conférence est terminée.

Voix : Ouh, ouh, remboursez, c’est nul ! Quelle conférence à la noix !!! `

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Voice: « I count to three! Cathie, come here, or it’ll be bad! « 

Ladies and gentlemen, thank you for being here tonight for this holly conference.

Voice: « Is this a conference on Where? to know where we are? « 

No, Madame, it’s a lecture on holly, shrub with evergreen foliage.

Voice: « Ah, it’s a shame because I never know where I am, nor where I am.

Madam, this is not a philosophical conference. I continue: The holly bears small white flowers, but only female holly have red fruits (or sometimes white or yellowish), in winter

Voice: « I like Mate. « 

I get there: in fact, with roasted holly leaves, we make Mate, a kind of Paraguayan tea. I continue: the druids considered that the holly carried happiness and the Romans adorned their houses to ward off evil spirits.

Voice: « Where were the evil spirits going? in other people? it’s not very reassuring. « 

After the Romans, Christians also consider that the holly brings happiness, at Christmas and at the time of the New Year’s greetings

Voice: « When I kissed someone under the holly at New Year’s Eve, we got angry the day after. These are all stories. « 

I do not say that holly brings good luck, I bring you history points. And they are not stories. I continue: Hollywood, La Houssaie, La Houssoye, Houville are names related to Holly.

A « houssoir » was a broom of holly leaves to shake the carpets, and the holly tied to the rope where the salted meats were hung, protected them from rodents.

Here, ladies and gentlemen, my lecture is over.

Voice: Uh, uh, pay back, it’s bad! Such a bad conference!

 

 

 

 

Maux de gorges et bovins / Sore throats and cattle

Le 3 février 1871, le curé de la paroisse de Frazé (Eure-et-Loire), était venu desservir le pèlerinage de La-Croix-du-Perche où Saint Blaise, un saint guérisseur attirait les fidèles.

Saint Blaise était réputé guérir les maux de gorges (et délivrer des arêtes coincées dans la gorge),  et protéger les bovins.

Le curé s’indigne de ce que ses paroissiens ne viennent pas à la messe de Frazé, et ce pour des raisons futiles (mauvais temps..).

Pire, il voit des paroissiens, qui ne mettent jamais les pieds à l’église ou qui sont parfaitement incroyants (et qui affirment : « quand on est mort, on est mort »), défiler un cierge à la main pour baiser l’étole dont est revêtue la statue du saint.

Il interroge une paroissienne : « Comment se fait-il que, si zélés pour la guérison de vos corps et même pour celle de vos bestiaux, vous le soyez si peu pour la guérison de vos âmes ?… »

Elle répondit : « Monsieur, c’est qu’il n’en est pas des pèlerinages comme de la messe. On va en pèlerinage parce qu’on y est forcé. »

Pourquoi « forcé » ? Parce que, quand les malheurs s’abattent sur vous, il faut conjurer le mauvais sort grâce au saint guérisseur. 

(source : Dominique Julia : Le voyage aux saints. Seuil, 2016)

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On February 3, 1871, the priest of the parish of Frazé (Eure-et-Loire), came to serve the pilgrimage of La-Croix-du-Perche where Saint Blaise, a saint healer attracted the faithful.

Saint Blaise was known to cure sore throats (and bones stuck in the throat), and to protect cattle.

The priest is indignant that his parishioners do not come to Frazé’s Mass for futile reasons (bad weather ..).

Worse, he sees parishioners, who never set foot in church or who are perfectly unbelievers (and who say « when one is dead, one is dead »), parade a candle in hand to kiss the stole which is covered with the statue of the saint.

He asks a parishioner: « How is it that, if zealous for the healing of your bodies and even for that of your cattle, you are so little for the healing of your souls … »

She replied: « Sir, it is not a pilgrimage like mass. We go on pilgrimage because we are forced to do it. »

Why « forced »? Because, when misfortunes fall on you, you must ward off bad luck thanks to the holy healer.

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St Blaise, mort décapité vers 316.

 

Coton-tige / Cotton swabs

Le musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye a écrit à propos des objets ci-dessous :

« Ce sont des cures-oreilles(-sondes) en bronze du 1er siècle découverts à Vaison (Vaucluse), au Carrefour de Sainte-Perrine (Oise) et au Mont-Berny, Saint-Etienne-Roilaye (Oise). »

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The National Archeology Museum of Saint-Germain-en-Laye wrote about the following objects:

« These are bronze ear cures (-sondes) of the 1st century discovered at Vaison (Vaucluse), at the crossroads of Sainte-Perrine (Oise) and Mont-Berny, Saint-Etienne-Roilaye (Oise). »

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Mouton et sirène / Sheep and mermaid

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Il y a en ce moment une exposition au Petit Palais à Paris sur Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), architecte malheureux, mais dessinateur hors pair de projets architecturaux qui n’ont jamais été acceptés.

Avant sa mort, il avait déposé des centaines de dessins à la BNF.

Le dessin ci-dessus représente un de ses projets imaginaires, la Tombe d’Isocrate, orateur grec (436-338 av. JC).

Au sommet un mouton, symbole de la douceur de l’orateur, et sur le mouton, une sirène symbole du « charme de son éloquence. »

La plupart des projets de Jean-Jacques Lequeu sont dans ce style.. Il accordait aux plus petits détails une importance démesurée, presque obsessionnelle. 

Il faisait aussi des dessins qui détaillaient les émotions et des dessins « érotiques ». 

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There is currently an exhibition at the Petit Palais in Paris on Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), an unfortunate architect, but an outstanding draftsman of architectural projects that have never been accepted.

Before his death, he had deposited hundreds of drawings at the BNF.

The drawing above represents one of his imaginary projects, the Tomb of Isocrates, Greek speaker (436-338 BC).

At the top a sheep, symbol of the sweetness of the orator, and on the sheep, a mermaid symbol of the charm of his eloquence. « 

Most of Jean-Jacques Lequeu’s projects are in this style. He gave the smallest details a disproportionate, almost obsessive importance.

He also made drawings detailing emotions and « erotic » drawings.

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