Faits alternatifs

Les faits alternatifs, chers à une conseillère d’un président outre-atlantique, ne sont pas une invention récente.

Jules Lachelier (1832-1918) philosophe spiritualiste, célèbre en son temps, écrivit le 12 janvier 1876, une lettre à Emile Boutroux (1845-1921), philosophe et historien de la philosophie : 

« Vous avez du lire un très curieux article de Marion* sur la famille préhistorique. Tout cela comme je lui ai dis hier soir, est effrayant ; et quand cela serait arrivé, il faudrait dire, plus que jamais, que cela n’est pas arrivé, que l’histoires est une illusion, et le passé une projection, et qu’il n’ y a de vrai que l’idéal et l’absolu ; là est peut être la solution de la question du miracle ; c’est la légende qui est vraie, et l’histoire qui est fausse. » **

La découverte du mode de vie de nos ancêtres très lointains – une science toute nouvelle à l’époque – ne correspondait pas avec la vision spiritualiste de l’Homme (et encore moins avec la vision biblique). Aux Etats-Unis le problème est très présent, avec les théories créationnistes qui refusent tout évolutionnisme.

* Antoine-Fortuné Marion (1846-1900), naturaliste.

** Cité par Pierre Thuillier dans, « Socrate Fonctionnaire », 1982.

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Pivoines et tigres

(Puisque la Corée est d’actualité.)

En Corée, au XVIII/XIXe siècle, les peintres de cour peignaient notamment des pivoines, qui étaient utilisées dans les rituels, et des tigres qui étaient supposés chasser les mauvais esprits

Comme les peintres de cour avaient des situations financières précaires, ils travaillaient aussi pour des mécènes privés, et créaient des boutiques où ils vendaient leurs oeuvres. C’est ainsi que les peintures de cour étaient devenues « populaires ».

Les clients achetaient, entre autres, les peintures de tigres pour les mettre à l’entrée d’un bâtiment et ainsi se protéger. 

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Pivoines (Anonyme – XIXe). Paravent de 6m de long en 10 volets.

 

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Peinture de Kim Hong Do (1745-1806).

Kim Hong Do peignait aussi des cartographies des positions sociales à la cour, des banquets royaux ou des cérémonies pour les hauts personnages de l’Etat. 

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Kim Hong Do.

 

La Belle Ferronnière

Portrait de femme dit La BF 38207_INV786.001

Ce tableau serait celui de la vraie Belle Ferronnière. Son auteur est anonyme. (Le Louvre sous le numéro INV 786). Néanmoins les experts ne peuvent l’assurer avec une certitude absolue.

Celui peint par Léonard de Vinci (vers 1495-1497), s’appelle « La Belle Ferronnière », depuis que Ingres lui a attribué ce titre par erreur. (Le Louvre sous le numéro INV 778).

La Belle Ferronnière de Léonard de Vinci serait Lucrezia Crivelli, la maîtresse de Ludovic Le More.

A propos de la vraie Belle Ferronnière, il y a une anecdote. François 1er la courtisait. Elle était l’épouse d’un avocat de Paris.

Elle refusa les avances du roi. Les courtisans la menacèrent. Voyant le danger, le mari l’autorisa à le tromper et se vengea : il alla à Paris dans des bordels jusqu’à ce qu’il contracte la vérole. Il la passa à sa femme qui la passa au roi qui la passa à d’autres.

Le mari et son épouse guérirent, mais pas le roi qui finit par en mourir.

Ces faits – non confirmés par d’autres sources – sont relatés par Loys Guyon, médecin d’Uzerche, cinquante ans après la mort du roi. Seule la mort de François 1er par la vérole, est certaine.

La Belle Ferronnière par Léonard de Vinci.

On croit pouvoir intercepter le regard de La Belle Ferronnière, mais c’est une illusion. Les experts pensent qu’il nous échappe, car elle ne veut pas livrer son âme, qui n’appartient qu’à Ludovic.

La Belle Ferronnière a été peinte après la Dame à l’hermine.

(Source : Conférence du Louvre).

Rustam et le div blanc

Il existe en Iran, une fresque en céramique de revêtement, située en haut de l’entrée de la citadelle Karim Khan construite en 1766-67 (ville de Shiraz). 

Elle représente le héros Iranien légendaire, Rustam, combattant le div blanc. Un div en farsi est un esprit maléfique de la mythologie iranienne.

Voici ce qu’en dit une notice de la BNF à l’occasion d’une exposition virtuelle du département des manuscrits :

« Le combat de Rustam et du div blanc est la dernière des sept épreuves que le héros doit accomplir pour délivrer le roi d’Iran Kay-Kâ’ûs, parti bien imprudemment attaquer le Royaume des démons. Le roi et ses guerriers, prisonniers et enchaînés, font alors appeler Rustam pour qu’il vole à leur secours. Le valeureux héros doit accomplir sept exploits pour le délivrer. Ces exploits sont parfois interprétés dans les milieux soufis comme les sept degrés du parcours initiatique. Durant son périple, Rustam a soumis un jeune homme ennemi, Awlad, pour qu’il lui serve de guide jusqu’à la demeure du démon, lui promettant en échange, en cas de victoire, la couronne de ce royaume. Lorsque Rustam trouve le div blanc endormi dans sa caverne, il le réveille et l’affronte en un terrible combat dont il sort victorieux. »

L’histoire des Haft Kha ̄n-e-Rostaa été racontée par Ferdowsî dans son poème épique, le Shâh Nâmeh (Livre des Rois).

Peinture par Hossein Ghollar Aghassi (1902–1966).

 

Rébus

Au début du XIX, les sacs des Merveilleuses étaient souvent illustrés de rébus.

Un des plus connu était :

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D’après certains, c’était une allusion coquine.

« Robe de linon, sur transparent rose. Mantelet en mousseline claire, garni de dentelles. Souliers en maroquin vert. Voile blanc, à l’Iphigénie, soutenu par deux bandeaux en feuilles de laurier. Ridicule énorme, à rébus, brodé en soie, ainsi formulé : le chiffre 100, un D majuscule, une tour, lisez: Sans détour. » 

Adolphe Granier de Cassagnac, Histoire du Directoire (1851).

Source : conférence de A. Compagnon.

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A propos d’une publicité vantant les mérites d’une crème antirides qui contient : « des capsules de rétinol actif extrait de l’ADN végétal. »

Il suffit de faire une mayonnaise à l’oignon pour obtenir le même résultat.

A propos d’un publicité vantant un acier « au carbone », il convient de préciser que l’acier est de toutes façons un alliage de fer et de carbone.

Rapporté par Roland Lehoucq dans : « Faire des sciences avec Star Wars », (Le Bélial’, 2017).

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La dame à l’hermine

Portrait of Cecilia Gallerani (Lady with the Ermine), about 1488

La dame à l’hermine est Cecilia Gallerani (1473-1536), maîtresse de Ludovic Sforza (1452-1508), duc de Milan. (L’inscription La Belle Féronière à gauche en haut, est un rajout tardif et erroné).

Ce portrait fut peint par Léonard de Vinci qui avait, en arrivant à Milan, une réputation de très bon peintre. Ce fut la première commande du duc de Milan.

Cecilia Gallerani est la fille de Facio Gallerani. Celui-ci meurt quand sa fille a sept ans. Elle est éduquée dans un couvent, puis mariée à 10 ans à Stéphano Visconti.

Dans une lettre à son frère cardinal, Ludovic Sforza avoue sa passion pour Cecilia. Le mariage de Cecilia est annulé, probablement selon les voeux du duc (il n’avait pas été consommé).

La véritable idylle commence en 1485.

Le portrait de Léonard de Vinci est fait vers 1489-90. Cecilia a 16 ans.

Pendant ce temps-là Ludovic Sforza n’était pas pressé d’épouser Béatrice d’Este (qui avait été fiancée avec lui à l’âge de cinq ans, pour des raisons d’alliances politiques). Il l’épouse finalement en 1491.

Cécilia accouche d’un fils en 1491, qui est légitimé.

Béatrice d’Este apprécie peu la présence de Cécilia dans le palais ducal. 

Cécilia est installée dans un autre palais. Elle est cultivée, intelligente et s’entoure d’hommes de lettres, pour lesquels elle joue le rôle de muse.

En 1496 Béatrice d’Este demande à Cécilia de lui prêter le portrait de Léonard, pour le comparer au portrait d’un autre peintre. 

Cécilia le prête volontiers bien que, d’après elle, il ne lui ressemble plus, (six ans ont passé). 

Dans le tableau l’hermine est plus grande que nature. Cette hermine trop grande serait en rapport avec la main imposante. 

Pourquoi une hermine avec Cécilia ? L’hermine est réputée à l’époque, car on croit qu’elle ne fuit pas devant le chasseur, afin de ne pas maculer de boue sa blancheur immaculée. Elle symbolise la vertu et la douceur.

Le duc Ludovic était aussi associé à l’hermine ; il avait été accepté dans l’Ordre de l’Hermine par le roi Ferdinand. L’hermine du tableau serait donc une allusion au duc. Et la main de Cecilia sur l’hermine serait un message érotique voilé.

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Béatrice d’Este par Giovanni Cristoforo.

Source : Le Louvre (conférence).